Les projets des 11 artistes / chercheurs suivants qui ont participé à l’atelier-séminaire de Nancy en avril 2008 intègreront le réseau IN/OUT, se nourrissant de flux in et fournissant des flux out au dispositif. Ils seront présentés du 1 au 10 décembre dans 9 lieux interconnectés.
*Qualia, installation générative audiovisuelle de Vincent Ciciliato
Qualia est un projet d’installation générative et interactive. La pièce s’inspire principalement du film Tango (1980), oeuvre de Zbig Rybczynski, et tente d’en interroger les notions d’autonomie gestuelle et de foisonnement. En partant du mode opératoire mis en avant par l’auteur – création de comportements autonomes, et accumulation de ces derniers dans un même espace scénique – il sera question de le confronter aux technologies de l’interactivité et de la générativité, ainsi qu’à la notion de flux, afin d’en proposer une actualisation conceptuelle et plastique.
Avec le soutien d’Arcadi* Comme vous, je connais l’oubli, installation participative d’Olivier Perriquet (artiste/chercheur au laboratoire d’Intelligence Artificielle de l’Université de Lisbonne) :
Une large surface, comme une peau, s'offre au spectateur. Sur cette membrane se forme une multitude d'images en associations libres, qui suggère le processus de la mémoire, ses oublis, ses réminiscences. Au fur et à mesure la peau vieillit, sa surface devient moins volubile, piègée dans ses obsessions laissant finalement apparaître une ultime empreinte après s'être tue.
Le public a la possibilité de participer en envoyant ses propres images depuis son téléphone mobile.
L'installation présentée en décembre est une version prototype.
* Collectionnisme 2.0, installation vidéo/application informatique de Mayumi Okura et Dominique Cunin
Les flux audio, vidéo et de données disponibles dans le réseaux In-Out deviennent la source d'une collection. Notre collectionneur, un programme informatique, se connecte aux projets actifs dans le réseaux pour enregistrer des fragments des différents flux de manière pseudo-aléatoire. De temporaires, les flux d'informations devient permanents et résident sur un disque dur. Il appartient au collectionneur de trier ces éléments enregistrés selon ses propres règles afin d'organiser sa collection comme bon lui semble. C'est une banque de données qui résulte de ce travail, une forme de mémoire subjective de l'état du réseau, qui est représentée dans un espace tridimensionnel, actualisée au fil de la constitution de la collection. Inlassablement, avec l'obsession constante de compléter et parfaire sa collection, ce collectionneur glane, trie, organise et actualise des données pour proposer une représentation subjective du réseaux In-Out et des relations qui pourraient s'y tisser.
* Vanishing Point, installation vidéo sonore de Florent Di Bartolo
Driving est une installation vidéo sonore qui place le spectateur, en confrontation directe avec l'image d'une voiture, roulant pleins phares, dans l'obscurité d'une salle de projection.
La vitesse, ainsi que la luminosité des phares de la voiture, varient en fonction du signal "in-out" reçu en entrée. La variation de l'intensité lumineuse des phares de la voiture, donne au spectateur l’illusion d’un appel émis depuis la voiture. Cette adresse au spectateur s’effectue en temps réel. Elle amorce le dialogue que tente de réaliser l’installation entre le spectateur et l’image de la voiture ; une Dodge Challenger R/T de 1970 dont la trajectoire échappe à son contrôle.
* Gestes, installation interactive visuelle et sonore d’Yves-Marie L'Hour et Benoit Meudic
« Gestes: trois variations sur la Naissance » est une installation immersive et interactive construite autour de la recherche de correspondances formelles non narratives et non figuratives entre son et image. La composition est basée sur la Naissance de la tragédie (1872), œuvre dans laquelle Nietzsche s’interrogeait précisément sur la conjonction des formes musicales et plastiques dans le drame antique: Gestes est une tentative d'interprétation synesthésique de la dialectique créatrice entre l'extase dionysiaque et le rêve apollinien.
L'installation se présente comme un corridor de voiles translucides à l'extrémité duquel un œil de lumière s’ouvre sur un espace de formes abstraites en relief. Le public avance entre les voiles et s'immerge dans les nappes sonores et les schèmes chromatiques obtenus en stéréoscopie polarimétrique. Les constructions musicales et visuelles évoluent en fonction des déplacements et des mouvements du public dans l'espace de l'installation, qui sont interprétés dans leur continuité et leur durée comme des élans vers l'ordre ou l'amorphe.
* Cartels d’identité, écran mobile et site internet de Thomas Cheneseau
Le « cartel » accompagne toujours une œuvre lors de son exposition. Il décrit le nom de l'artiste, le titre de sa production, les techniques employées et la date de réalisation. Dans le contexte In/Out, je m’approprie les cartels des installations présentées lors de l’exposition pour les diffuser en continu sur des écrans mobiles. Le public est invité à saisir l’écran-cartel (qui se trouve à proximité des oeuvres) afin de générer en temps réel un monochrome numérique modulé par les flux reçus. Ce projet se situe aux limites de l’œuvre d’art et de la muséographie, offrant une vision interne et intime de chaque installation.
* Tempo, installation audiovisuelle d’Emilie Brout et Maxime Marion
L'activité de Tempo ne peut se ressentir qu'au travers des autres installations du réseau in/out, par des réactions identifiables et rythmiques.
Une projection de type monitoring donne une vue d'ensemble des différents flux audio et vidéo, et met en évidence l'influence du projet. Dôté d'un algorithme "hystérique", Tempo cherche à se connecter aux plus grand nombre, permettant ainsi un jeu chorégraphique entre les projets connectés.
De part sa nature même, le réseau accueille en ligne tout projet qui souhaiterait participer à l'expérience et ce dès novembre.
* « f ∞ .. », installation audio/vidéo interactive de Vincent goudard
Le flux se rend au prisme du regard qui trace, fend, brûle parfois.
Il se connecte la nuit quand, dans les fibres optiques, le débit s'accroît : la navigation s'accélère, plonge dans un rapide de lumière et la vitesse de propagation atteint l'ivresse de libération. Projeté par hyperlien vers ce qui arrive, il cherche dans l'épaisseur du flux à saisir ce point-origine d'où l'espace découle, d'où le réel émerge, d'où le futur procède... Mais ici, la perspective inversée converge sur le regard et les millions de points de l'écran prennent la fuite.
* Formes latentes et Voyages, photo/installation interactive de Cyrille Henry
Cyrille Henry utilise des algorithmes mathématiques et des modélisations physiques pour concevoir des œuvres originales. Celles-ci reposent sur la mise en parallèle de formes naturelles et numériques. Ces œuvres graphiques interrogent les relations entre simplicité et complexité, ainsi que l’émergence de formes, structures ou comportements générés par l’interaction d’éléments simples. Son travail s’est orienté tour à tour vers les capteurs, la modélisation physique, l’analyse gestuelle, les interfaces de contrôle informatique, ainsi que la synthèse sonore et visuelle en temps réel.
Une présentation du monitoring restituant l’état des flux en temps réel sera visible dans tous les lieux de diffusion et à l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image de Poitiers aux heures d’ouverture et en ligne.
Une autre forme d'interprétation des flux sera présentée à l'espace PétaHertz par Alexandre Berthier et Stéfane Perraud à travers une machine tangible, cartographie de
l'écosystème IN/OUT.
Avis aux artistes/ chercheurs :
La philosophie de IN/OUT est celle d’un processus destiné à s’ouvrir largement, si bien que l’insertion dans cet espace public de création connective mis en œuvre pour 2008 est ouvert à tous, à la condition d’en suivre les règles du jeu.
Les artistes/chercheurs sont invités à se connecter à l’adresse suivante :
http://in-out.citu.fr/wiki